{"id":1657,"date":"2013-11-23T12:27:50","date_gmt":"2013-11-23T11:27:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.andarpersassi.it\/?p=1657#content"},"modified":"2020-04-13T18:22:01","modified_gmt":"2020-04-13T16:22:01","slug":"subduction-oceanique-alpine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/andarpersassi.it\/subduction-oceanique-alpine\/#content","title":{"rendered":"Subduction oc\u00e9anique: une approche alpine"},"content":{"rendered":"

Journ\u00e9es Subduction Oc\u00e9anique en Vall\u00e9e d’Aoste (Alpes Occidentales, Italie)<\/p>\n

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\"1.<\/a>

1. Emplacement des nappes d\u2019origine oc\u00e9anique dans les Alpes Occidentales. En \u00e9vidence le territoire dont il est question ici. D\u2019apr\u00e8s MARTHALER, 2002.<\/p><\/div>\n

La plaque oc\u00e9anique subduite (la T\u00e9thys alpine) affleure en continu en Vall\u00e9e d\u2019Aoste. Elle peut \u00eatre suivie de sa base mantellique serpentinis\u00e9e jusqu\u2019aux produits magmatiques de la cro\u00fbte, plus ou moins intens\u00e9ment m\u00e9tamorphis\u00e9s, et aux m\u00e9tas\u00e9diments. Nous y avons m\u00eame le choix entre trois coupes diff\u00e9rentes de la plaque oc\u00e9anique, donnant lieu \u00e0 trois s\u00e9ries m\u00e9ta-ophiolitiques\u00a0: la s\u00e9rie Zermatt-Saas, \u00e9clogitique et souvent r\u00e9\u00e9quilibr\u00e9e\u00a0; la s\u00e9rie Combin, en faci\u00e8s schistes-bleus ou plus souvent schistes-verts\u00a0; la s\u00e9rie Grivola-Urtier (Cogne, Valsavarenche), \u00e9clogitique avec assemblages tectoniques tr\u00e8s m\u00e9lang\u00e9s. Les itin\u00e9raires qui suivent sont choisis dans le cadre des deux premi\u00e8res s\u00e9ries ophiolitiques en fonction de leur progression p\u00e9dagogique. L\u2019exposition est calibr\u00e9e pour des enseignants en Sciences de la Terre avec des \u00e9l\u00e8ves d\u00e9j\u00e0 inform\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral sur la tectonique des plaques et l\u2019orogen\u00e8se alpine.<\/p>\n

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G\u00e9osite du Pont Romain : la serpentinite<\/b><\/p>\n

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Le parcours balis\u00e9 du G\u00e9osite Ponte Romano \u2013 Tsailleun, dot\u00e9 d\u2019une brochure touristique en fran\u00e7ais (\u00ab\u00a0Du Pont Romain \u00e0 l\u2019Oc\u00e9an perdu\u00a0\u00bb) disponible \u00e0 l\u2019Office du Tourisme de Saint-Vincent, encadre convenablement le site au sein de ce territoire alpin et de son histoire g\u00e9ologique.<\/p>\n

\"2.<\/a>

2. Un adepte assidu des rochers en serpentinite : le thym, tr\u00e8s riche en huiles essentielles.<\/p><\/div>\n

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Commune<\/i>\u00a0: Saint-Vincent (Vall\u00e9e d\u2019Aoste, Italie)<\/p>\n

Acc\u00e8s<\/i>\u00a0: en provenant du centre (Office du Tourisme) prendre vers l\u2019est la rue de Rome, passer le rond-point vers la rue du Pont Romain, puis devant la pompe d\u2019essence tourner \u00e0 gauche rue des Fr\u00e8res Marc-Grivaz, d\u00e9passer le village de Cillian et se garer en face du hameau de Chadel (terminus du car).<\/p>\n

GPS<\/i>\u00a0: N 45\u00b044.423 \u2013 E 07\u00b039.678 (396.000,00 \u2013 5.066.300,00)<\/p>\n

D\u00e9part \u00e0 pied<\/i>\u00a0: altitude 620 m, sentier \u00e0 droite de la ruelle goudronn\u00e9e pour Feilley (balise jaune).<\/p>\n

Dur\u00e9e de la marche<\/i>\u00a0: 15 minutes, d\u00e9nivel\u00e9 60 m.<\/p>\n

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\"3.<\/a>

3. Un point crucial du relief r\u00e9gional : la rivi\u00e8re fait un coude, abandonne le large sillon de faille et creuse un d\u00e9fil\u00e9 dans les serpentinites en face du G\u00e9osite.<\/p><\/div>\n

Le sentier s\u2019\u00e9l\u00e8ve d\u2019abord parmi les ch\u00e2taigniers et les ch\u00eanes pubescents, pour grimper peu apr\u00e8s au milieu des premiers rochers de serpentinite, colonis\u00e9s par une v\u00e9g\u00e9tation tout \u00e0 fait remarquable\u00a0: pulsatille des montagnes, \u0153illet des rochers, sil\u00e8ne arm\u00e9rie, mais surtout l\u2019alysson argent\u00e9 et la foug\u00e8re Notholaena marantae<\/i>, deux esp\u00e8ces tr\u00e8s li\u00e9es aux serpentinites. Plus loin nous croiserons aussi, parmi d\u2019autres, le c\u00e9raiste, la mol\u00e8ne de Boerhaave et beaucoup de bleuets et de coquelicots, t\u00e9moins d\u2019anciens champs de c\u00e9r\u00e9ales.<\/p>\n

Face \u00e0 la grande vall\u00e9e le sentier se met \u00e0 plat au Belv\u00e9d\u00e8re d\u2019en haut, o\u00f9 l\u2019on fera le premier arr\u00eat.<\/p>\n

\"4.L\u2019ancien<\/a>

4. L\u2019ancien \u00e9boulement dans les gorges de Montjovet et les restes de l\u2019ancien lac.<\/p><\/div>\n

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C\u00f4t\u00e9 vall\u00e9e nous jouissons d\u2019un bon point de vue sur un pal\u00e9o-\u00e9boulement bien pr\u00e9serv\u00e9, avec une grande niche de d\u00e9collement en creux et un grand bombement \u00e0 son pied, form\u00e9 par les \u00e9boulis, sectionn\u00e9s par la rivi\u00e8re. En effet, il y a quelques milliers d\u2019ann\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire quelques temps apr\u00e8s la derni\u00e8re glaciation, cet \u00e9boulement a affect\u00e9 un gros noyau de m\u00e9tabasites dans la m\u00eame unit\u00e9 tectonique que celle o\u00f9 nous nous trouvons. Au fond de la vall\u00e9e, vers l\u2019amont, s\u2019\u00e9talent les terrasses sableuses formant l\u2019ancien fond du lac de barrage, qui s\u2019allongeait sur une vingtaine de kilom\u00e8tres.<\/p>\n

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C\u00f4t\u00e9 montagne, le rocher affleure ici fra\u00eechement sans patine d\u2019alt\u00e9ration. Il nous montre une roche verte dans l\u2019ensemble, plut\u00f4t lisse au toucher, avec un litage principal et une fine schistosit\u00e9 de direction tr\u00e8s variable. Dans la section naturelle plusieurs min\u00e9raux sont visibles sous forme de lentilles tr\u00e8s d\u00e9form\u00e9es en r\u00e9gime ductile\u00a0: il y en a des blancs montrant de petits cristaux \u00e0 angle droit, des verts plus fonc\u00e9s et plus rugueux que la masse, et des gris tr\u00e8s \u00e9tir\u00e9s constitu\u00e9s d\u2019une p\u00e2te en fines lamelles plus ou moins brillantes. De petits noyaux parsem\u00e9s dans la roche\u00a0sont enfin bien \u00e9vidents : les uns sont roux, les autres sont noirs, ces derniers pouvant aussi appara\u00eetre comme dissous dans la masse verte.<\/p>\n

Sortons de notre poche un outil indispensable en pays ophiolitique\u00a0: un aimant. Il colle fort aux petits noyaux noirs\u00a0: c\u2019est de la magn\u00e9tite. De la magn\u00e9tite parsem\u00e9e dans une masse verte feuillet\u00e9e et onctueuse au toucher comme du talc\u00a0: le verdict tombe aussit\u00f4t, c\u2019est de la serpentinite.<\/p>\n

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\"5.De<\/a>

5. De la p\u00e9ridotite du manteau \u00e0 la serpentinite du fond de l\u2019oc\u00e9an : fissuration, hydratation, veines. D\u2019apr\u00e8s ANDREANI et al., 2007.<\/p><\/div>\n

R\u00e9visons nos connaissances sur cette roche. La serpentinite oc\u00e9anique se forme \u00e0 partir de la p\u00e9ridotite du manteau lithosph\u00e9rique, par fracturation et hydratation \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e (< 200\u00b0C). La p\u00e9ridotite est constitu\u00e9e d\u2019olivine et de pyrox\u00e8nes avec un peu de plagioclase ou spinelle, un ensemble de min\u00e9raux contenant beaucoup de magn\u00e9sium, et aussi du fer et du calcium. Le magn\u00e9sium de l\u2019olivine et du clinopyrox\u00e8ne se d\u00e9place dans le r\u00e9seau \u00e0 feuillets du min\u00e9ral hydrat\u00e9 serpentine, qui accueille aussi quelques autres ions. Suivant le type d\u2019accommodation des deux couches dont il est constitu\u00e9, le phyllosilicate serpentine Mg6<\/sub>(OH)8<\/sub>Si4<\/sub>O10<\/sub> peut se pr\u00e9senter sous trois formes min\u00e9ralogiques principales\u00a0: chrysotile, lizardite, antigorite. Le fer de la p\u00e9ridotite se m\u00e9lange \u00e0 la nouvelle roche sous forme d’aiguilles, veines ou nodules de magn\u00e9tite Fe2+<\/sup>Fe3+<\/sup>2<\/sub>O4<\/sub>. Le calcium CaO peut se combiner avec les fluides de CO2<\/sub> pour former de la calcite CaCO3<\/sub>.<\/p>\n

\"6.Min\u00e9raux<\/a>

6. Min\u00e9raux oc\u00e9aniques et min\u00e9raux alpins dans la serpentinite du Mont Tsailleun.<\/p><\/div>\n

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Essayons maintenant d\u2019approfondir un peu l\u2019analyse de la roche qui affleure devant nous.<\/p>\n

La masse verte est tr\u00e8s compacte, sans fibres\u00a0: il s\u2019agit de la vari\u00e9t\u00e9 antigorite. Seule l\u2019antigorite est stable aux hautes pressions. On nous dira que tout l\u2019affleurement est constitu\u00e9 d\u2019antigorite.<\/p>\n

Les lentilles blanches tordues, faites de petits cristaux \u00e0 la cassure orthogonale, sont constitu\u00e9es de clinopyrox\u00e8nes \u00e0 Ca et Mg, mais leur bords tr\u00e8s nets et leur forme parfaitement adapt\u00e9e \u00e0 la schistosit\u00e9 font penser qu\u2019ils se sont cristallis\u00e9s beaucoup plus tard, dans la masse d\u00e9j\u00e0 serpentinis\u00e9e, \u00e0 la faveur de l\u2019enfouissement alpin de la plaque oc\u00e9anique.<\/p>\n

Enfin, les nodules roux sont des cristaux de titanclinohumite, un min\u00e9ral riche en titane et proche de l\u2019olivine, qui n\u00e9cessite d\u2019une pression tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e pour se cristalliser. Notons aussi que le titane est presque absent des p\u00e9ridotites alors qu\u2019il est concentr\u00e9 dans certains magmas\u00a0: notre serpentinite a donc d\u00fb \u00eatre \u00ab\u00a0contamin\u00e9e\u00a0\u00bb par des gabbros et cela demande un certain r\u00e9chauffement en profondeur.<\/p>\n

\"7.\u00c9vidences<\/a>

7. \u00c9vidences de la remont\u00e9e finale : filon de chlorite dans les serpentinites. Ici grav\u00e9 en cupules, signes myst\u00e9rieux difficiles \u00e0 dater sans contexte arch\u00e9ologique.<\/p><\/div>\n

Nous disposons encore d\u2019un \u00e9l\u00e9ment int\u00e9ressant\u00a0: les boudins gris tr\u00e8s \u00e9tir\u00e9s. Ils sont constitu\u00e9s d\u2019un min\u00e9ral tr\u00e8s tendre, sur lequel un peu plus loin des cupules et d\u2019autres signes rupestres ont \u00e9t\u00e9 grav\u00e9s dans un pass\u00e9 myst\u00e9rieux. Ce min\u00e9ral est la chlorite, qui appara\u00eet au sein de roches basiques et ultrabasiques lors de la d\u00e9compression, c\u2019est-\u00e0-dire de la remont\u00e9e, en milieu hydrat\u00e9. Il s\u2019agit donc du dernier venu dans notre roche.<\/p>\n

Donnons aussi un coup d\u2019\u0153il \u00e0 la carte g\u00e9ologique structurale\u00a0: nous sommes ici pr\u00e8s de l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 sud d\u2019une \u00e9norme \u00e9caille de manteau serpentinis\u00e9, longue de quelque 60 km et large de 30, surmont\u00e9e par endroits de m\u00e9tabasites et de m\u00e9tas\u00e9diments de haute mer\u00a0: aucun doute donc qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une ancienne plaque oc\u00e9anique subduite.<\/p>\n

\"8.La<\/a>

8. La grande \u00e9caille de manteau \u00e9clogitique affleure sans interruptions de Saas-Fee (Valais, Suisse) au nord \u00e0 Champorcher (Parc du Mont Avic, Vall\u00e9e d\u2019Aoste) au sud. D\u2019apr\u00e8s ANGIBOUST et al., 2009.<\/p><\/div>\n

En conclusion, cette roche nous renseigne sur un milieu oc\u00e9anique de formation, suivi d\u2019un parcours alpin d\u2019enfouissement profond et d\u2019exhumation.<\/p>\n

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En poursuivant le chemin vers le sommet nous longerons sur la droite un petit mur en pierre s\u00e8che o\u00f9 abondent les blocs erratiques en granite provenant du Mont Blanc. Parmi eux, nous noterons quelques m\u00e9tagabbros \u00e0 amphibole et surtout un bloc de glaucophanite riche en grenats, provenant vraisemblablement du proche Valtournenche. Ces blocs \u00e9clogitiques arrondis par le transport ne sont pas rares dans la grande vall\u00e9e, puisqu\u2019ils sont tenaces et r\u00e9sistants \u00e0 l\u2019\u00e9rosion. Rappelons que l\u2019\u00e9clogite, roche basique de haute pression-basse temp\u00e9rature, est le meilleur marqueur de la subduction.<\/p>\n

Le sommet du Mont Tsailleun, 680 m, est un dos de serpentinite bien arrondi par l\u2019ancien glacier et plut\u00f4t panoramique.<\/p>\n

\"9.Autre<\/a>

9. Autre sp\u00e9cialit\u00e9 botanique des serpentinites vald\u00f4taines : l\u2019alysson argent\u00e9, ici au sommet du Mont Tsailleun.<\/p><\/div>\n

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De retour au parking, il est possible de v\u00e9rifier sur d\u2019autres roches oc\u00e9aniques le trajet de subduction d\u00e9tect\u00e9 sur la serpentinite. Pour cela, il suffit de traverser la route r\u00e9gionale et rentrer dans le village de Chadel. Au milieu des vieilles maisons en pierre s\u00e8che, se dresse un imposant rocher noir en forme de pyramide, avec une cavit\u00e9 d\u2019\u00e9rosion torrentielle vers le sommet (\u00ab\u00a0marmite des g\u00e9ants\u00a0\u00bb). \u00c0 sa base, avec un bon \u00e9clairage, on peut reconna\u00eetre des grenats, petits mais bien form\u00e9s, dans un fond vert de pyrox\u00e8ne sodique\u00a0: c\u2019est la d\u00e9finition m\u00eame d\u2019\u00e9clogite, la roche indicatrice de la subduction.<\/p>\n

\"10.Le<\/a>

10. Le rocher noir de Chadel avec \u00ab marmite \u00bb d\u2019\u00e9rosion sous-glaciaire. Il s\u2019agit d\u2019une m\u00e9tabasite en faci\u00e8s \u00e9clogite, avec omphacite et grenat.<\/p><\/div>\n

Beaucoup d\u2019observations sont possibles sur cet affleurement de cro\u00fbte oc\u00e9anique, non seulement quant \u00e0 sa composition basique, mais aussi quant aux rapports g\u00e9om\u00e9triques et tectoniques avec l\u2019\u00e9caille de manteau serpentinis\u00e9 en face. Noter pour cela le fin litage ondul\u00e9 qui affecte les \u00e9pidotes, min\u00e9raux de l\u2019exhumation.<\/p>\n

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La cro\u00fbte oc\u00e9anique profonde<\/b><\/p>\n

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Nous savons que la section verticale de toute plaque oc\u00e9anique comporte grosso modo trois niveaux\u00a0:<\/p>\n

1. \u00e0 sa base un manteau lithosph\u00e9rique serpentinis\u00e9\u00a0;<\/p>\n

2. suivi vers le haut d\u2019une cro\u00fbte magmatique intrusive (gabbros) et effusive (basaltes)\u00a0;<\/p>\n

3. le tout \u00e9tant coiff\u00e9 par des s\u00e9diments de haute mer.<\/p>\n

\"11.Subduction<\/a>

11. Subduction et exhumation de la cro\u00fbte oc\u00e9anique. La serpentine peut se comporter comme lubrifiant tectonique et \u00e9viter les s\u00e9ismes. D\u2019apr\u00e8s GUILLOT, 2009.<\/p><\/div>\n

Nous venons d\u2019observer une grande masse de manteau lithosph\u00e9rique serpentinis\u00e9, reproduisant assez fid\u00e8lement le niveau 1 de la plaque oc\u00e9anique. Lors des arr\u00eats suivants nous passerons aux autres niveaux, \u00e0 commencer par l\u2019ancienne cro\u00fbte magmatique\u00a0; mais ne nous attendons plus cette fois \u00e0 retrouver les niveaux oc\u00e9aniques tels quels. D\u00e9j\u00e0 au sein des serpentinites nous avons remarqu\u00e9 un certain nombre de min\u00e9raux qualifi\u00e9s d\u2019 \u00ab\u00a0alpins\u00a0\u00bb car apparus bien plus tard dans des contextes qui n\u2019\u00e9taient plus oc\u00e9aniques. Or, pour l\u2019observation de la cro\u00fbte oc\u00e9anique profonde (niveau 2) nous disposons d\u2019une roche dont tous les min\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 ult\u00e9rieurement r\u00e9\u00e9labor\u00e9s \u00e0 haute pression \/ basse temp\u00e9rature, des anciens assemblages magmatiques ne gardant que, parfois, la g\u00e9om\u00e9trie des cristaux. La composition chimique totale de notre roche, fluides \u00e0 part, est \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame qu\u2019\u00e0 l\u2019origine, avec abondance de fer, de magn\u00e9sium, de calcium, de titane, mais ces \u00e9l\u00e9ments sont distribu\u00e9s dans des min\u00e9raux diff\u00e9rents, avec des r\u00e9seaux cristallins moyennement plus denses. En fait, les min\u00e9raux des roches magmatiques de la cro\u00fbte oc\u00e9anique sont beaucoup plus sensibles \u00e0 l\u2019environnement g\u00e9odynamique (temp\u00e9rature, pression, pr\u00e9sence de fluides) que ceux de la serpentinite. La nature nous pourvoit ainsi d\u2019un excellent thermobarom\u00e8tre pour suivre le chemin d\u2019enfouissement de la roche apr\u00e8s son cycle oc\u00e9anique et pendant son cycle alpin. Les min\u00e9raux m\u00e9tamorphiques issus\u00a0des anciennes roches magmatiques ne demandent qu\u2019\u00e0 \u00eatre identifi\u00e9s, et ils ne se cachent pas.<\/p>\n

\"12.<\/a>

12. Le bas Valtournenche et le site d’H\u00e9rin. ZS: unit\u00e9 oc\u00e9anique profonde de Zermatt-Saas. CO: unit\u00e9 oc\u00e9anique sup\u00e9rieure du Combin. DB et PL: nappes continentales issues de la plaque sup\u00e9rieure.<\/p><\/div>\n

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Commune<\/i>\u00a0: Antey-Saint-Andr\u00e9 (Vall\u00e9e d\u2019Aoste, Italie)<\/p>\n

Acc\u00e8s<\/i>\u00a0: Autoroute A5 sortie Ch\u00e2tillon\u00a0; route r\u00e9gionale n\u00b0 46 direction Breuil-Cervinia\u00a0; dans le chef-lieu d\u2019Antey prendre \u00e0 droite direction La Magdeleine\u00a0; avant la fin de l\u2019habitat prendre \u00e0 gauche pour H\u00e9rin\u00a0; se garer apr\u00e8s le troisi\u00e8me virage en \u00e9pingle \u00e0 gauche, GPS 391.058.00 \/ 5.073.900.00.<\/p>\n

Altitude<\/i>\u00a0: 1265 m.<\/p>\n

Situation de l\u2019affleurement<\/i>\u00a0: en bord de route et quelques m\u00e8tres plus haut.<\/p>\n

Dur\u00e9e de l\u2019arr\u00eat<\/i>\u00a0: 1 h ou plus.<\/p>\n

P\u00e9riode<\/i>\u00a0: la c\u00f4te \u00e9tant bien expos\u00e9e au soleil, la neige fond assez vite, parfois m\u00eame en hiver.<\/p>\n

Note<\/i>\u00a0: route adapt\u00e9e aux cars moyens, type 40 places\u00a0; sinon pr\u00e9voir une petite demi-heure de marche au d\u00e9part du chef-lieu d\u2019Antey.<\/p>\n

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\"13.<\/a>

13. M\u00e9tagabbro en faci\u00e8s schistes-verts.<\/p><\/div>\n

Le Valtournenche tout entier, de la cuvette du Breuil au pied du Cervin jusqu\u2019\u00e0 la grande vall\u00e9e de la Doire, se creuse dans les unit\u00e9s oc\u00e9aniques subduites. L\u2019unit\u00e9 inf\u00e9rieure de Zermatt-Saas, base de l\u2019auge glaciaire, forme les flancs de la moyenne et basse vall\u00e9e. Plus haut le sillon s\u2019ouvre en replats de p\u00e2turage sur les terrains de l\u2019unit\u00e9 oc\u00e9anique sup\u00e9rieure du Combin. Pour cet arr\u00eat, nous demeurons \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019unit\u00e9 oc\u00e9anique profonde de Zermatt-Saas.<\/p>\n

\"14.<\/a>

14. Glaucophanite \u00e0 grenats avec, \u00e0 droite, niveau de sulphures.<\/p><\/div>\n

 <\/p>\n

Sur l\u2019ensemble de la pente, la roche actuelle garde en partie la texture \u00e0 gros cristaux de l\u2019ancien gabbro oc\u00e9anique. Cette particularit\u00e9 sera pour nous une preuve suppl\u00e9mentaire de son origine magmatique, la preuve principale \u00e9tant sa composition chimique ferromagn\u00e9sienne. En g\u00e9n\u00e9ral la roche montre des nodules d\u2019amphibole verte s\u00e9par\u00e9s par des lits fins et ondul\u00e9s de plagioclase blanc. L\u2019ancien gabbro est donc partout plus ou moins d\u00e9form\u00e9 sous r\u00e9gime ductile. Mais par endroits, surtout sur une c\u00f4te qui remonte le long du versant un peu de biais, la d\u00e9formation atteint son maximum, et modifie la composition min\u00e9ralogique\u00a0: les lits magmatiques se resserrent en bandelettes vert clair de pyrox\u00e8ne sodique et bleu fonc\u00e9 d\u2019amphiboles, le plagioclase dispara\u00eet, et la surface se h\u00e9risse de grenats roux et saillants.<\/p>\n

 <\/p>\n

\"15.<\/a>

15. Eclogite lit\u00e9e (omphacite, glaucophane, grenat) avec niveau de quartz et \u00e9pidote.<\/p><\/div>\n

Regardons de pr\u00e8s cet ensemble de min\u00e9raux. Le pyrox\u00e8ne sodique (omphacite), vert clair brillant, est le principal rep\u00e8re pour la pression, c\u2019est-\u00e0-dire pour la profondeur maximale atteinte\u00a0: dans ce contexte, il n\u2019appara\u00eet qu\u2019au-del\u00e0 de 40-60 km. L\u2019amphibole bleue est le principal t\u00e9moin de la temp\u00e9rature\u00a0: selon la profondeur, la temp\u00e9rature maximale qu\u2019elle peut supporter va de 550 \u00e0 600\u00b0C. Les amphiboles sont riches en fer et\/ou en magn\u00e9sium, et ce sont des min\u00e9raux hydrat\u00e9s\u00a0: deux qualit\u00e9s qui s\u2019accommodent bien d\u2019une plaque oc\u00e9anique. Le grenat permet de d\u00e9finir le champ de stabilit\u00e9 de l\u2019ensemble. Voil\u00e0 donc les \u00e9clogites, roches basiques dont le nom \u00e9voque un \u00e9quilibre de haute pression \/ basse temp\u00e9rature, qui correspond \u00e0 une grande profondeur avec un faible gradient g\u00e9othermique, ce qui finalement veut dire subduction.<\/p>\n

\"15.<\/a>

15. Eclogite avec noyau de pyrox\u00e8ne sodique en cours de d\u00e9stabilisation.<\/p><\/div>\n

 <\/p>\n

Dans l\u2019ensemble de la roche, rares sont les assemblages min\u00e9raux qui t\u00e9moignent d\u2019un chemin m\u00e9tamorphique r\u00e9trograde\u00a0: la remont\u00e9e de la roche n\u2019a pas laiss\u00e9 de traces tr\u00e8s \u00e9videntes, si ce n\u2019est la d\u00e9stabilisation d\u2019une partie de l\u2019omphacite et l\u2019alt\u00e9ration de certains grenats.<\/p>\n

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La cro\u00fbte oc\u00e9anique sup\u00e9rieure\u00a0: les grands fonds oc\u00e9aniques face au Cervin<\/b>.<\/p>\n

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\"16.<\/a>

16. Contact de l\u2019unit\u00e9 triasique Pancherot-Cimebianche avec les schistes lustr\u00e9s de l\u2019unit\u00e9 oc\u00e9anique du Combin.<\/p><\/div>\n

Avant d\u2019arriver face au Cervin, cette \u00e9poustouflante pyramide africaine de 4500 m entre Mont Rose et Grandes Murailles, un d\u00e9nivel\u00e9 mod\u00e9r\u00e9 nous fait passer en revue toute la plaque oc\u00e9anique subduite.<\/p>\n

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Commune<\/i>\u00a0: Valtournenche (Vall\u00e9e d\u2019Aoste, Italie)<\/p>\n

Acc\u00e8s<\/i>\u00a0: de l\u2019autoroute A5 sortie Ch\u00e2tillon puis route r\u00e9gionale n\u00b0 46 \u00a0en direction de Cervinia. Peu apr\u00e8s le chef-lieu de Valtournenche \u00e0 gauche portail t\u00e9l\u00e9cabine Cime Bianche, grand parking. Si la t\u00e9l\u00e9cabine est ferm\u00e9e continuer jusqu\u2019au Lac Bleu (2000 m) et prendre le sentier n\u00b0 107 puis n\u00b0 21 (300 m et 1 h 30 en plus, bien suivre le parcours sur la carte ou sur GPS).<\/p>\n

D\u00e9part \u00e0 pied<\/i>\u00a0: altitude 2285 m, station sup\u00e9rieure de la t\u00e9l\u00e9cabine.<\/p>\n

Arriv\u00e9e<\/i>\u00a0: belv\u00e9d\u00e8re du Cervin \u00e0 la Motte de Pl\u00e9t\u00e9 Centrale 2870 m.<\/p>\n

Dur\u00e9e<\/i>\u00a0: pr\u00e9voir une journ\u00e9e pour un d\u00e9nivel\u00e9 de 600 m et les arr\u00eats g\u00e9ologiques.<\/p>\n

\"17.<\/a>

17. Contact de l\u2019unit\u00e9 triasique Pancherot-Cimebianche avec les m\u00e9tabasites de l\u2019unit\u00e9 oc\u00e9anique du Combin.<\/p><\/div>\n

P\u00e9riode<\/i>\u00a0: sans neige au sol, en g\u00e9n\u00e9ral entre juin et octobre.<\/p>\n

Conseils particuliers<\/i>\u00a0: s\u2019informer de l\u2019heure de la derni\u00e8re course de la t\u00e9l\u00e9cabine.<\/p>\n

 <\/p>\n

\u00c0 la sortie de la t\u00e9l\u00e9cabine prendre le sentier n\u00b0 20 qui est en fait une piste en terre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019alpage du Grand Plan 2500 m. Peu apr\u00e8s l\u2019alpage la piste fait un virage \u00e0 droite\u00a0; apr\u00e8s ce virage le sentier quitte la piste sur la gauche et tout de suite il re\u00e7oit \u00e0 gauche le sentier n\u00b0 21 avant de traverser le ruisseau Cleyva Groussa. La c\u00f4te rocheuse sur la rive droite de ce ruisseau retiendra notre attention\u00a0: sur quelques dizaines de m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9, surtout vers le bas, les amphibolites reprennent par endroits leurs anciens \u00e9quilibres min\u00e9ralogiques de haute pression-basse temp\u00e9rature avec omphacite et grenat. Nous sommes donc rassur\u00e9s que nous sommes bien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019unit\u00e9 oc\u00e9anique \u00e9clogitique de Zermatt-Saas qui constitue le soubassement de la pile de nappes soit oc\u00e9aniques que continentales situ\u00e9e au pied du Cervin.<\/p>\n

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\"18.<\/a>

18. Schistes lustr\u00e9s et m\u00e9tabasites du Combin en lits altern\u00e9s, impliqu\u00e9s dans un pli. Au fond le Mont Rose.<\/p><\/div>\n

Suivons ensuite le sentier n\u00b0 21 qui traverse le petit vallon et entreprend la mont\u00e9e \u00e0 mi-c\u00f4te de la grande pente d\u00e9tritique en direction NW.<\/p>\n

En contrebas d\u2019un premier petit ressaut, nous rencontrons un affleurement incongru mais assez pr\u00e9sent dans la vall\u00e9e, celui des \u00ab\u00a0quartzites micac\u00e9s\u00a0\u00bb ou “schistes quartzeux”. Ce sont des roches claires, grises ou beige, \u00e0 l\u2019allure de micaschistes ou parfois de gneiss, avec beaucoup de quartz. Ces roches n\u2019ont rien d\u2019oc\u00e9anique: elles se placent \u00e0 la base d’une mince s\u00e9rie de marge continentale ici ins\u00e9r\u00e9e entre les deux unit\u00e9es oc\u00e9aniques.<\/p>\n

\"19.<\/a>

19. Niveaux fractur\u00e9s des schistes lustr\u00e9s vers le bord du replat de la Motte. Au second plan, sur la droite, un noyau noir de serpentinite. Au fond le Cervin.<\/p><\/div>\n

 <\/p>\n

En contrebas d\u2019un deuxi\u00e8me ressaut plus marqu\u00e9, autour de 2650 m d\u2019altitude, nous rentrons en contact avec la partie la plus voyante de cette s\u00e9rie continentale, cette bande blanche qui marque le paysage d\u00e8s notre arriv\u00e9e en t\u00e9l\u00e9cabine. Elle est tellement mince que quelques \u00e9boulis sur son parcours suffisent par moments \u00e0 la cacher. Avec ses coul\u00e9es de blocs blancs, on dirait un feston accroch\u00e9 tout au long de la pente. Maintenant que nous la tenons, nous constatons qu\u2019elle est form\u00e9e de calcaires et de dolomies (\u00ab\u00a0marbres dolomitiques\u00a0\u00bb) mais la carte nous renseigne que, par endroits, sa base est constitu\u00e9e de quartzites tabulaires. Il s\u2019agit en fait de la s\u00e9rie triasique classique, bien connue dans les Alpes fran\u00e7aises sous les appellations de \u00ab\u00a0pi\u00e9montais\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0pr\u00e9-pi\u00e9montais\u00a0\u00bb, amput\u00e9e de quelques membres. Sa position tectonique, ici au nord de la Doire, est quand m\u00eame in\u00e9dite, pinc\u00e9e comme elle l\u2019est au contact entre la nappe oc\u00e9anique \u00e9clogitique (dessous) et la nappe oc\u00e9anique schistes-verts (dessus). Du fait de sa tr\u00e8s faible comp\u00e9tence, c\u2019est-\u00e0-dire sa grande facilit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9former plastiquement sous pression, nous ne verrons jamais de min\u00e9raux m\u00e9tamorphiques dans cette unit\u00e9, ni de fossiles non plus.<\/p>\n

 <\/p>\n

\"20.<\/a>

20. Au premier plan un d\u00e9tail de l\u2019affleurement de serpentinites du Combin. Au fond les Cime Bianche et la Roisette.<\/p><\/div>\n

Le sentier se faufile dans un milieu rocailleux, puis il enjambe une crevasse en l\u00e9g\u00e8re descente et parvient au croisement avec le sentier n\u00b0 19 qui monte directement des alpages du bas. \u00c0 ce point, qui correspond au dernier vallon avant le sommet plat de la Motte de Pl\u00e9t\u00e9 Ouest, on prend r\u00e9solument \u00e0 droite, hors du sentier, et on remonte le vallon. Cette unit\u00e9 oc\u00e9anique du Combin nous appara\u00eet enfin en toute sa grandeur, avec ses schistes lustr\u00e9s surmontant les m\u00e9tabasites (\u00ab\u00a0prasinites\u00a0\u00bb) sur les nombreuses coupes dues aux gradins d\u2019effondrement. Les m\u00e9tabasites sont intens\u00e9ment tordues et repli\u00e9es, puis aplaties\u00a0; les schistes lustr\u00e9s les secondent en partie. La composition des m\u00e9tabasites comprend des amphiboles vertes (actinolite en g\u00e9n\u00e9ral) et du plagioclase albitique. Epidote, chlorite, prehnite et quartz peuvent \u00eatre pr\u00e9sents.<\/p>\n

\"21.<\/a>

21. Un \u00ab champignon \u00bb d\u2019\u00e9rosion avec une dalle de m\u00e9tabasite pour chapeau et un pied de schistes lustr\u00e9s r\u00e9siduels.<\/p><\/div>\n

Au bout du vallon, le grand replat sillonn\u00e9 par les fentes d\u2019effondrement simule une mer de schistes lustr\u00e9s avec ses vagues, au fond de laquelle s\u2019\u00e9l\u00e8ve l\u2019immense pyramide du Cervin. L\u2019orientation de la foliation est presque horizontale et assez uniforme sur les \u00e9paisseurs consid\u00e9rables qu\u2019on peut mesurer sur les fentes et les bords du plateau. De gros rognons vert clair brillant de m\u00e9tabasites affleurent dans la fente principale un peu plus haut, vers l\u2019est. Par contre \u00e0 l\u2019ouest vers le bord du replat ce sont des rochers noirs qui attirent l\u2019attention\u00a0: il s\u2019agit d\u2019un ressaut de serpentinite comme on ne la voit jamais dans la nappe inf\u00e9rieure \u00e9clogitique. Aucun min\u00e9ral de haute pression n\u2019est visible. Dans la nappe du Combin la serpentinite est nettement minoritaire, voire sporadique\u00a0; elle ressemble beaucoup \u00e0 celle qui affleure dans le massif du Chenaillet dans le Brian\u00e7onnais, \u00e0 m\u00e9tamorphisme tr\u00e8s faible.<\/p>\n

En marchant vers le bord nord du replat nous rencontrons des \u00ab\u00a0champignons\u00a0\u00bb form\u00e9s d\u2019une dalle verte de m\u00e9tabasite qui prot\u00e8ge une colonne beige de schistes lustr\u00e9s. Cette colonne repr\u00e9sente un ancien niveau de schistes lustr\u00e9s par ailleurs dissous ou \u00e9miett\u00e9s tout autour et emport\u00e9s par l\u2019\u00e9rosion.<\/p>\n

 <\/p>\n

\"22.<\/a>

22. Panorama depuis l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 nord du plateau sur la cuvette du Breuil et ses montagnes, du Mont Rose \u00e0 droite aux Grandes Murailles \u00e0 gauche en passant par le Cervin.<\/p><\/div>\n

Au bord du plateau nous jouissons en plein du prestigieux panorama du Cervin et de toute la cuvette du Breuil. Pour en comprendre le charme g\u00e9ologique il faut d\u2019abord imaginer le massif cristallin du Mont Rose, un peu cach\u00e9 sur la droite, avec ses roches continentales l\u00e9g\u00e8res rebondissant en surface apr\u00e8s la subduction. Sur son dos, ce massif remonte aussi les nappes oc\u00e9aniques sur lesquelles nous nous trouvons et que nous observons devant nous dans la cuvette. Ces nappes oc\u00e9aniques s\u2019inclinent vers notre gauche (\u00e0 l\u2019ouest) en s\u2019appuyant, on peut toujours l\u2019imaginer, sur la pente de la coupole cristalline ici ensevelie. \u00c0 son tour, la pyramide du Cervin coiffe ces nappes oc\u00e9aniques avec ses roches \u00ab\u00a0africaines\u00a0\u00bb, en tout cas continentales, qui continuent le long de la Grande et de la Petite Muraille sur notre gauche (\u00ab\u00a0nappe de la Dent Blanche\u00a0\u00bb des auteurs suisses). Les nappes oc\u00e9aniques refont surface au sud-ouest, gr\u00e2ce au retrait vers l\u2019ouest de la nappe continentale du Cervin.<\/p>\n

\"23.<\/a>

23. OF : m\u00e9ta-ophiolites. ZZS : unit\u00e9 oc\u00e9anique \u00e9clogitique de Zermatt-Saas. ZC : unit\u00e9 oc\u00e9anique non-\u00e9clogitique du Combin. DB : nappe continentale du Cervin (Dent Blanche). G : gabbros du Cervin. vp : unit\u00e9 m\u00e9ta-s\u00e9dimentaire de Valpelline.<\/p><\/div>\n

 <\/p>\n

Pour le retour, si on n\u2019est pas un fin connaisseur des lieux, il vaut mieux reprendre le m\u00eame chemin qu\u2019\u00e0 la mont\u00e9e.<\/p>\n

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Quelques solutions d\u2019urgence en cas de m\u00e9t\u00e9o incertaine ou neige au sol en altitude<\/h4>\n

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\u00c9clogites oc\u00e9aniques<\/span><\/p>\n

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\"25.<\/a>

25. Coussins de lave (effusions sur fond oc\u00e9anique) en faci\u00e8s \u00e9clogitique sur le sentier qui monte \u00e0 Chamois.<\/p><\/div>\n

En plus du rocher noir de Chadel (G\u00e9osite du Pont Romain-Tsailleun \u00e0 Saint-Vincent) o\u00f9 les min\u00e9raux ne sont pas spectaculaires, il est possible d\u2019exploiter d\u2019autres affleurement ou rochers \u00e9boul\u00e9s \u00e0 basse altitude.<\/p>\n

    \n
  1. Les falaises de Saint-Clair \u00e0 Pontey<\/b>. Elles affleurent le long de la route\u00a0r\u00e9gionale dite \u00ab\u00a0de l\u2019envers<\/i>\u00a0\u00bb\u00a0entre le pont sur la Doire \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la gare de Ch\u00e2tillon et le hameau de\u00a0Torin. Face au pont commence le sentier n\u00b0 1 pour Ussel\u00a0; une\u00a0glaucophanite \u00e0 grenat, \u00e0 peine reconnaissable,\u00a0se trouve tout de suite au premier ruisseau (GPS\u00a0392.615.00 \/ 5.066.347.00) et un peu plus haut avant le torrent de Pessey.\u00a0D\u2019autres rochers semblables sont plus ou moins bien visibles ou\u00a0accessibles en bord de route vers le village de Torin (GPS 391.860.00 \/ 5.066.240.00)\u00a0et juste en amont du village de Tsesanouva, sur le sentier qui m\u00e8ne \u00e0\u00a0Hallien (GPS 390.040.00 \/ 5.065.520.00).<\/li>\n
  2. Le rocher de Piaou \u00e0 \u00c9mar\u00e8se<\/b>. Il se trouve en contrebas de la route r\u00e9gionale n\u00b0 33, sur le\u00a0sentier n\u00b0 8 vers \u00c9r\u00e8saz, pos\u00e9 sur la premi\u00e8re cr\u00eate panoramique en\u00a0provenant de la route. Il expose aussi bon nombre de pseudomorphoses de\u00a0lawsonite, ce min\u00e9ral pr\u00e9cieux pour son domaine de stabilit\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9duit\u00a0qui permet des mesures thermo-barom\u00e9triques pr\u00e9cises.\n

  3. L\u2019affleurement de Veulla \u00e0 Chamois<\/b>. GPS 392.390.00 \/ 5.076.780.00. Il se trouve \u00e0 1650 m d\u2019altitude sur le chemin montant de Buisson et de Nuarsaz (Antey) \u00e0 Chamois\u00a0; donc il faut quand m\u00eame monter un d\u00e9nivel\u00e9 de 530 m \u00e0 pied. Un bon parking pour car se trouve \u00e0 proximit\u00e9, au d\u00e9part du\u00a0t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique pour Chamois. L\u2019affleurement de pyrox\u00e8ne sodique plus grenat\u00a0est de bonne qualit\u00e9\u00a0; avant et apr\u00e8s on notera quelques autres\u00a0\u00e9clogites avec glaucophane. Le m\u00eame groupe de roches expose un joli\u00a0ensemble de coussins de lave (pillow\u00a0lava)<\/i> en faci\u00e8s \u00e9clogitique.<\/li>\n
  4. L\u2019affleurement de Comagne \u00e0 \u00c9mar\u00e8se<\/b>. GPS 400.208.00 \/ 5.066.850.00. Il se trouve\u00a0\u00e0 2020 m un peu en contrebas (SW) de la jonction des deux sentiers qui\u00a0montent \u00e0 la T\u00eate de Comagne, l\u2019un au d\u00e9part de Sommar\u00e8se, l\u2019autre au\u00a0d\u00e9part du Col du Joux (400 m de d\u00e9nivel\u00e9). Il s\u2019agit d\u2019un rocher de\u00a0quelques dizaines de m\u00e8tres enti\u00e8rement constitu\u00e9 de glaucophane, \u00e7\u00e0 et l\u00e0\u00a0en beaux cristaux centim\u00e9triques, avec grenats. Autres affleurements sur\u00a0la cr\u00eate vers le SW.<\/li>\n<\/ol>\n

     <\/p>\n

    M\u00e9tas\u00e9diments oc\u00e9aniques<\/span><\/p>\n

     <\/p>\n

      \n
    1. Le Mont Torrette \u00e0 Saint-Pierre<\/b>. De la route nationale S.S.\u00a026 \u00e0\u00a0Saint-Pierre prendre la route r\u00e9gionale pour Saint-Nicolas et aussit\u00f4t \u00e0 droite\u00a0pour le ch\u00e2teau, la mairie et la colline de Br\u00e9an vers Sarre. Au col se\u00a0garer au parking, se diriger vers le sommet \u00e0 droite par une piste en\u00a0terre et continuer en descendant d\u2019un vignoble \u00e0 l\u2019autre. Plusieurs sections\u00a0dans les calcschistes affleurent tout le long de la pente donnant sur la\u00a0grande vall\u00e9e. Remarquer aussi les figures de cisaillement ductile.<\/li>\n
    2. Saint Solutor \u00e0 Issogne<\/b>. Entre les villages de Fleuran et de Fava, se garer \u00e0 la chapelle et\u00a0prendre le sentier n\u00b0 4. Les falaises en calcschiste apparaissent d\u00e9j\u00e0 au\u00a0premier virage, mais il y en a d\u2019autres tout de suite apr\u00e8s les maisons de\u00a0Cr\u00e9ton (joli panorama).<\/li>\n<\/ol>\n

       <\/p>\n

       <\/p>\n

       <\/p>\n

      Ouvrages dont ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s les cartes et les croquis g\u00e9ologiques<\/span> (dans l\u2019ordre des images)<\/p>\n

       <\/p>\n

      Marthaler M. (2002) \u2013 Le Cervin est-il africain\u00a0?<\/i> L.E.P. Lausanne 96 p.<\/p>\n

      Andreani M., M\u00e9vel C., Boullier A.-M., Escart\u00edn J. (2007) – Dynamic <\/i>control on serpentine <\/i>crystallization in <\/i>veins: <\/i>Constraints on <\/i>hydration <\/i>processes in <\/i>oceanic <\/i>peridotites.<\/i> <\/cite>Geochem. Geophys. Geosyst., 8, Q02012.<\/p>\n

      Angiboust S., Agard P., Jolivet L., Beyssac O. (2009) \u2013 The Zermatt-Saas ophiolite: the largest (60-km wide) and deepest (c<\/em><\/i>.<\/em> 70\u201380\u00a0km) continuous slice of oceanic lithosphere detached from a subduction zone?<\/i> Terra Nova, 21:\u00a0171\u2013180.<\/p>\n

      Guillot S., Hattori K.H., Agard P., Schwartz S., Vidal O. (2009) \u2013 Exhumation processes in oceanic and continental subduction context: a review<\/i>. Subduction Zone Geodynamics 978-3.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

      Journ\u00e9es Subduction Oc\u00e9anique en Vall\u00e9e d’Aoste (Alpes Occidentales, Italie)   La plaque oc\u00e9anique subduite (la T\u00e9thys alpine) affleure en continu… continua…<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1650,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,139],"tags":[115,124,125,42,119,120,128,117,123,127,126,64,122,118,116,80,84,113,114,121,90],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1657"}],"collection":[{"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1657"}],"version-history":[{"count":154,"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1657\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5784,"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1657\/revisions\/5784"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1650"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1657"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1657"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/andarpersassi.it\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1657"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}